La sélection de pochettes et d’étiquettes
de disques, provenant de nos collections et faisant l’objet
de cette rubrique, n’a d’autre ambition que de
donner un aperçu visuel (une image vaut mille mots!)
sur les « tendances » et les styles qui ont caractérisé
la conception graphique des pochettes de disques de musiciens
tunisiens. Les pochettes sélectionnées correspondent
soit à des disques pressés localement et portant
des labels proprement tunisiens, soit à des disques
édités par des maisons étrangères,
ayant produit des musiciens tunisiens.
D’une simple enveloppe de protection (en papier kraft)
portant le nom de la maison de disques ou du distributeur
local, la pochette allait devenir cartonnée, plus
personnalisée, portant des graphismes plus ou moins
élaborés. Cependant, la pochette de disque
ne connaîtra ses jours de gloire en Tunisie, qu’à
la faveur de la création de la Société
Ennagham à la fin des années soixante.
Dans cette rubrique, les spécimens de pochettes
et d’étiquettes de disques sont classés
par éditeur. Au delà de leur aspect proprement
visuel, les pochettes et étiquettes présentées
reflètent les étapes marquantes de l’histoire
du disque en Tunisie. En outre, ils offrent des renseignements précieux
sur quelques-uns parmi les principaux acteurs de cette histoire : les musiciens mais aussi et surtout les
maisons de disques.
Au tout début, en 1908, des maisons de disques étrangères
avaient commencé à enregistrer des musiciens
tunisiens comme en témoignent
les oeuvres réalisées par la filiale française
de la compagnie britannique Gramophone et éditées
sous la marque Zonophone.
D’autres compagnies laisseront leur empreinte sur
l’histoire du disque en Tunisie. En premier lieu, la compagnie
française Pathé frères qui allait,
jusqu’à son achat par Columbia en 1928, prendre
la relève de Gramophone. Cette compagnie était
représentée en Tunisie par les frères
Bembaron.
On se souviendra aussi de la compagnie berlinoise Odeon,
de la compagnie Baidaphon créée à Beyrouth
par les frères Baida et qui s’imposera à
Tunis à partir de 1928. Son dynamique conseiller
artistique local, le Tunisien Bachir Rsaissi, finira par fonder
sa propre compagnie Umm al-Hasan
On se rappellera aussi d’autres compagnies occidentales
dont Favorite, Homophon, Homokord, Polydor, Polyphon , Philips,
Ustuwanat al-Karawan qui auront contribué à
diffuser la musique tunisienne aussi bien en Tunisie qu’à
l’étranger.
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